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Revue de Presse 2015

Elle impute les six cancers de son mari aux essais nucléaires français

Article lechodelapresquile.fr Saint Nazaire 26/05/2015 par prot

La veuve d’un Nazairien a assigné la semaine dernière l’État devant le tribunal administratif de Nantes pour que son mari soit indemnisé, à titre posthume, des six cancers qu’il avait contractés et qu’il imputait aux essais nucléaires français auxquels il avait assisté lors de son service militaire.

La requérante a demandé qu’une expertise soit menée pour évaluer l’étendue des préjudices de son époux, mort en juin 2012 à l’âge de 68 ans. Membre de l’Association des victimes des essais nucléaires du Pacifique, ce marin, écrivain et poète avait en effet été affecté en 1966 et 1967 comme mécanicien sur le site de Mururoa, en Polynésie française. Outre ses six cancers (peau, prostate, poumons…), il avait développé à partir de 2003 la maladie de Parkinson.

Sa veuve conteste ainsi le refus du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), mis en place par l’État en 2010, d’accorder une indemnisation à son défunt mari, connu également pour avoir été membre de la section nazairienne du Parti communiste français, qui lui avait rendu hommage à son décès.

“Il est l‘un de ces cas emblématiques, qui sont à l‘origine de la création du Civen”, a fustigé son avocat lors de l’audience devant le tribunal administratif de Nantes :

Dans son cas, les conditions d’indemnisation sont largement remplies : il transportait du matériel sur le site même des essais nucléaires ! Il a ainsi développé six cancers primitifs à partir de 53-54 ans, alors qu’il n’y en avait eu aucun dans sa famille jusqu’alors. Mais, tout ce que l’administration trouve à redire, c’est qu’ils arrivent un peu tard après son service militaire ! On sait pourtant que les cancers peuvent se déclarer des dizaines d’années après.

« Opacité »

Un autre ancien appelé du contingent a également contesté la semaine dernière le refus du Civen de lui accorder une indemnisation. Il s’agit d’un habitant de Saint-Gildas-des-Bois qui s’est vu en effet diagnostiquer un cancer du rein en 2005, quarante ans après son service militaire dans la Sahara. Cet homme, âgé aujourd’hui de 71 ans, a assisté à trois essais nucléaires quand il était chauffeur d’officier.

Pour l’avocat des requérants,

La méthode d’évaluation de l’indemnisation du Civen est extrêmement opaque… Tous ses refus sont d’ailleurs systématiquement attaqués devant les tribunaux administratifs. Je me demande bien à quoi cela servait de créer le Civen, si c’était pour ne pas indemniser les victimes.

Mais le rapporteur public, dont les avis sont souvent suivis par les juges, a préconisé aux juges de donner raison à l’administration dans ces deux cas précis. Le tribunal, qui a mis son jugement en délibéré, rendra sa décision dans un mois environ.

La cour administrative d’appel de Nantes, appelée à se prononcer sur trois cas similaires récemment, a ainsi débouté les requérants de leurs demandes.

Le tribunal administratif de Nantes rendra sa décision dans un mois environ

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