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Articles de Presse Région Centre 2015

AVEN: Les oubliés de l'histoire nucléaire

Article: La nouvelle république.fr du 2avril 2015 Cor. NR : Martine Bigot

L'antenne du Loir-et-Cher de l'Aven, l'association des vétérans des essais nucléaires, présidée par François Vallon, a présenté son bilan de l'année, samedi après-midi dans la salle des fêtes de Tour-en-Sologne en présence du président national Jean-Luc Sans. Ce dernier a précisé qu'il avait parcouru depuis le début de l'année plus de 17.000 km. C'est dire que ce monsieur se déplace. Et il se déplace pour informer. Les dossiers sont lourds puisque ces anciens civils ou militaires qui ont participé de près ou de loin à des tirs nucléaires sur des sites nucléaires sont pratiquement tous malades. « Deux personnes ont été indemnisées en région Centre, souligne le président. Une en 2014 et l'autre en 2015. Nous nous battons pour que les malades soient indemnisés. Certains sont dans un état lamentable. Beaucoup ont déclaré des cancers ou des contaminations au plomb dans le sang. Nous, on n'a jamais demandé à faire l'armée là-bas. C'est l'Etat qui nous y a envoyés. »

La loi Morin du 5 janvier 2010 devait permettre de reconnaître les victimes, de simplifier leurs démarches et de les indemniser. Cinq ans après sa mise en application et la création du Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN), les progrès sont quasi nuls. Alors que 150.000 personnes sont potentiellement atteintes par ces essais qui se sont déroulés de 1960 à 1996, dont certains atmosphériques, 4 au Sahara et 41 en Polynésie française sur un total de 210 essais, et que le Civen a reçu 911 demandes d'indemnisation, seules 16 ont été accordées. « Le dispositif de la loi Morin est inopérant et freine la reconnaissance qu'il devait favoriser, explique le président. Il faudrait revoir le ministre de la Santé, Marisol Touraine pour qu'enfin cette page de l'histoire de France puisse s'écrire et que l'Etat accepte de faire face à toutes ses responsabilités. Cette même ministre a fait partie de notre comité de soutien, il fut un temps. Nous voudrions que tous les dossiers sont revus et tous réexaminés. » Cette notion de «causalité négligeable» est à la base de la plupart des rejets. « La qualification du risque négligeable lié aux essais nucléaires est un véritable nœud à contentieux qui amène les victimes à suivre un parcours judiciaire interminable », avance l'Aven. « Comment apporter des preuves de contamination, ou a contrario d'absence de contamination, quand les vétérans ne portaient pas de dosimètre ou n'ont pas été suivis après les essais ? Il est toujours difficile d'apporter la preuve qu'un cancer est la conséquence d'une cause unique, en l'occurrence l'exposition aux tirs nucléaires, quand, de plus, il n'y a pas eu de surveillance radiobiologique et que, de surcroît, aux risques d'irradiation externe s'ajoutent les possibilités d'inhalation de poussières radioactives », détaille le président. Autre question parmi l'assistance : « Pourquoi ne nous décerne-t-on pas le titre de la Reconnaissance de la Nation ? Nous avons été sur le front ! » La question reste posée et la réponse, certes qui ne satisfait l'assistance est donnée par le président : « Nous n'avons pas combattu l'arme à la main ».

Cor. NR : Martine Bigot

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aven-accueil-centre-les-echos-presse-2015-2-avril-aven-les-oublies-de-l-histoire-nucleaire.txt · Dernière modification: 2016/12/25 14:50 par bernadette