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Compte rendu de réunion de la région Aquitaine 2014

Compte rendu de réunion 22 novembre à Monein

Les adhérents de l'AVEN réclament vérité et justice. L'AVEN, Association des Vétérans des Essais Nucléaires (AVEN) comporte 6000 adhérents au niveau national, 260 en Aquitaine, 45 dans le département. La réunion s'est tenue le samedi 22 novembre sous la Présidence de Janik Carré résidant à Monein, en présence de représentants au niveau régional et national de Pierre Traucou, représentant le maire empêché et d'une trentaine d'adhérents .

Dans la salle, une exposition est dressée. Sur l'un des panneaux, on peut lire : «Ni politisé ni pro ni anti nucléaires, les adhérents de l'AVEN ne réclament que vérité et justice».

Robert Adrot, coordinateur pour l'Aquitaine explique : «A la suite d'un appel lancé par deux vétérans d'essais nucléaires au Sahara, un groupe de personnes crée l'AVEN. Les vétérans, malades ou non malades sont les personnels, civils ou militaires, qui ont participé aux programmes d'essais nucléaires français au Sahara ou en Polynésie, entre le 13 février 1960 et le 27 janvier 1996». Il précise que «près de 150 000 personnels (non compris les populations vivant à côté) ont potentiellement été exposées aux radiations atomiques lors des 210 essais nucléaires que la France a réalisés. Non seulement beaucoup ont développé de graves maladies (stérilité, cancers de la thyroïde ou de la peau …), mais pour certains, leurs descendants présentent également de graves pathologies.». Arlette Dellac, vice-présidente national de l'AVEN fait le point des dossiers au niveau juridique. «Avec la loi Morin de 2010,la législation a certes évolué , mais elle est encore trop restrictive. Ainsi, nous réclamons la suppression de la notion de «dose négligeable» incluse dans cette loi».

Elle explique qu'aux États Unis, le principe de présomption de lien avec le service pour tous ceux qui ont participé aux expériences nucléaires existe. Il n'en est pas de même en France où le plaignant doit se justifier. Par ailleurs, seulement 18 maladies dites radio-induites, sont en mesure d'être reconnues. Les démarches sont longues et onéreuses et beaucoup de malades renoncent à engager des frais, de peur de voir leur dossier rejeté.

Les vétérans et leurs familles veulent rompre le silence et les témoignages sont nombreux : «J'étais à Reggane (Sahara algérien) lors du premier essai en 1960. J'avais 20 ans. Une heure après l'explosion, j'étais en service commandé au bord du cratère… Même après 10 douches, le dosimètre était au maximum. J'aurais dû être rapatrié d'urgence. Rien n'a été fait. Depuis, je suis malade. Le ministère de la défense et l’État refusent de reconnaître le lien de cause à effet..».

D'autres personnes présentes parleront de désinformation, d'incohérences dans le traitements des dossiers (certains habitants de Polynésie habitant à 400 km du lieu des essais ont été indemnisés alors que ceux qui habitaient ou travaillaient sur place non), de falsification de documents militaires … Le sujet est grave. L'émotion et le désarroi des témoins et de leurs familles sont palpables.

Janik Carré président de l'AVEN 64 parlera de « Paradis empoisonné » en évoquant l'Archipel des Gambiers dans les eaux duquel il a navigué, « pour servir la France » en n'ayant jamais été informé des risques encourus.

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aven-aquitaine-les-echos-compte-rendu-de-reunion-2014-22-novembre-monein.txt · Dernière modification: 2016/12/16 18:15 par bernadette